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© Gaëlle Simon

Leçon de photographie : leçon de bonheur ?

 

Apprendre la photographie pourrait-il être un apprentissage du bonheur ?
C’est ce que je pense et vous propose de voir avec ce petit article léger, saupoudré de philosophie, pour trouver à travers la photographie un sens à sa vie.

les objectifs

Si tu as un appareil professionnel ou semi-professionnel (un réflex en résumé) tu as la possibilité de posséder et d’interchanger des objectifs. On va donc partir sur cette supposition (celle que tu es en possession d’un réflex) pour creuser ma métaphore. Parce que, dans la vie, c’est essentiel d’avoir un objectif pour savoir où l’on va.

En photographie
Il y a deux types d’objectifs : la focale fixe et le zoom. La focale fixe, comme son nom l’indique, est fixe. Tu ne peux pas zoomer ni dézoomer. Il va falloir t’adapter, te déplacer, t’avancer, reculer, pour avoir l’image et le cadrage parfaits. Le zoom, comme son nom l’indique aussi, permet de zoomer. Tu vas pouvoir, avec un zoom, avoir plusieurs distances focales sans changer d’objectif, passer d’un grand angle à un angle plus rapproché, etc.

Dans la vie
Alors, es-tu plutôt zoom ou focale fixe ? As-tu un objectif bien défini auquel tu adapteras ta vie et ton quotidien pour y parvenir, ou bien privilèges-tu un certain confort et adaptes-tu ton (ou tes) objectif-s à ton quotidien ?
Par exemple : je suis prêt à déménager, à économiser, à faire des concessions pour réaliser mon objectif. Ou, je préfère rester comme je suis actuellement et je vais plutôt transformer mon objectif et être moins catégorique
En résumé : choisir son objectif, c’est un peu choisir sa manière de se projeter dans la vie, mais aussi sa manière de photographier : soit je m’adapte, soit j’adapte mon objectif.
Faire ça, c’est un premier pas vers le bonheur : on conscientise nos objectifs, on trouve un sens.

 

    

Les focales

Qui dit objectif dit focales !
Je vais me baser sur trois type de focales : le grand angle, le type 50mm (le mien) et le télé-objectif. Pour les photographes professionnels qui liraient cet article, cette métaphore est bien sûr très allégée, je donne une idée générale, pas précise ni développée. Ne vous insurgez pas !

En photographie
Le grand angle est un objectif à courte focale, pour photographier les objets très proches, les paysages ou les scènes d’ensemble. Il déforme du coup un peu la réalité, il va étirer les bords pour tout faire rentrer dans ta photo. Il peut aller jusqu’à l’objectif « fisheye » (que j’adorais ado) qui lui donne un effet boule d’aquarium et peut faire rentrer encore plus d’informations.
Le 50mm, le mien, mon amour, mon chouchou, (ou le 35mm ou le 85mm – bref, ces focales fixes à faible profondeur de champ) vont offrir un point de vue proche de la réalité. C’est à dire que si tu mets ton œil dans le viseur, tu verras pratiquement aux mêmes proportions qu’à l’œil nu. Leur point positif, comme je t’ai dit, c’est la faible profondeur de champ qui permet d’avoir de jolis floutés.
Le télé-objectif – comme le téléscope – permet de voir loooooin. Ce sont les objectifs que tu vois chez les paparazzi (petit cliché, je dis ça car on s’imagine souvent les photographes avec des méga-gros-immenses objectifs qui pèsent trois tonnes mais… Ce n’est pas forcément le cas !). Tu vas pouvoir photographier un sujet très loin de toi ou bien cadrer sur un petit détail.

Dans la vie
C’est intéressant de voir « quelle focale » tu utilises au quotidien. A travers quel prisme tu vois la vie ?
Grand angle : tu as une vision assez globale, tu vois la vie et les situations dans son ensemble. On pourrait dire aussi, sinon, que tu fais des projections à court terme, le grand angle permettant de photographier ce qui est très proche.
50mm : ta vision de la vie est assez juste, simple. Tu ne creuses pas forcément pour en savoir plus, tu prends la vie comme elle est.
Télé-objectif : tu vois les petits détails de la vie et des fois tu ne fais attention qu’à ça. Tu es focus (sympa, mon jeu de mots) sur des choses qu’on ne voit pas. Tu peux avoir aussi une vision étriquée de la vie à la différence d’une vision « grand angle », ou bien tu peux, a contrario du grand angle encore, faire des projets à long terme exclusivement.
En résumé : quelle serait ta focale dans la vie ? Être conscient de notre « prisme déformant » est parfois un bon coup de pouce pour garder les pieds sur terre.

 

   

Le triangle de lumière

J’aime appeler « triangle de lumière » la trilogie ouverture-vitesse-ISO qui permet d’avoir la photographie « parfaite ».
Avant toute chose, qu’est-ce qu’une photographie « parfaite » ? Et bien ce serait une photographie idéalement exposée, ni trop sombre ni trop cramée (lumineuse). Ce qui est très difficile quand on photographie à la lumière naturelle : il est presque impossible, sans aucun outil extérieur, d’avoir une exposition parfaite et égale sur une photo d’ensemble (les ombres et les expositions plein soleil s’offrant régulièrement un petit tango agréable).
L’ouverture, la vitesse et l’ISO sont à doser harmonieusement avec précision (puis avec instinct et intuition en suite) pour atteindre cette photographie « parfaite » (disons le Graal… enfin le bonheur si on le transpose à la vie. BREF, tu as compris). On pourra cependant garder une tendance à la surexposition (un peu trop optimiste, qui voit le verre à moitié plein), ou à la sous-exposition (une tendance pessimiste à voir le verre à moitié vide). L’objectif, encore, étant d’atteindre l’équilibre parfait, avoir assez de lucidité pour voir le verre « à moitié, c’est tout ». Ce serait la fameuse voie du milieu du tao.

L’ouverture

En photographie
On parle d’ouverture du diaphragme. Elle change en fonction de l’objectif (un 50mm offrant une plus belle ouverture qu’un grand angle). L’ouverture du diaphragme permet de faire entrer la lumière. C’est un peu compliqué à expliquer (moi-même je m’emmêle toujours les pinceaux). Plus l’ouverture du diaphragme est grande, plus la lumière rentre et plus la profondeur de champ est faible. En bref, l’ouverture est liée à la profondeur de champ mais n’est pas proportionnelle à celle-ci !
Une grande ouverture permet d’avoir beaucoup de luminosité et peu de profondeur de champ (c’est à dire beaucoup de flou). Une grande profondeur de champ permet d’avoir l’ensemble de la scène nette, mais avec moins de luminosité.

Dans la vie
Tout est une question d’ouverture, mon ami ! L’ouverture aux autres, l’ouverture à la vie et à ses surprises. Moins ton esprit sera ouvert, moins la lumière entrera dans ta vie. Tu as donc compris que le conseil que te donne la photographie ici est d’ouvrir ton esprit pour faire entrer la lumière, l’optimisme, la joie ! Cependant, a contrario de la photographie, je pense que l’ouverture d’esprit dans la vraie vie permet AUSSI de voir les choses de manière plus claire et de sortir du flou, de l’incompréhension et des questionnements.

La vitesse

En photographie
Deuxième critère de luminosité : la vitesse. Plus la vitesse d’obturation de l’appareil sera rapide, moins de lumière entrera dans l’appareil. Il faut l’imaginer avec la notion de temps. Quand la photo met plus de temps à se « déclencher », la lumière a donc plus de temps pour rentrer. Des flous de mouvements arrivent donc plutôt quand la vitesse d’obturation est lente : si le sujet bouge trop vite et que la vitesse est plutôt lente, la photo est floue.
Pour vous donner un ordre d’idée assez simple, pour des photos de sports on a besoin d’un déclenchement rapide (il ne faut pas de flou de mouvement) et donc également d’une bonne luminosité (car la lumière n’aura pas le temps de rentrer).
Pour des photos d’intérieur ou de nuit, c’est le contraire ! Il fait sombre, nous avons donc besoin d’une vitesse plus longue pour laisser la lumière rentrer. (Vous vous demandez peut-être « mais alors, pour les photos de sport la nuit ? » et bien c’est dans ces cas là que le flash entre en jeu !)

Dans la vie
La vitesse en photographie nous apprend que, dans les moments sombres de notre existence, nous avons besoin de temps. De temps pour digérer, pour se reposer, pour reprendre notre vitalité. Bref, il faut se laisser le temps. Ce qui est moins un problème quand tout va bien, que le soleil brille et que la lumière est là. Au contraire, dans ces moments là le temps semble passer bien plus vite !

L’ISO

En photographie
Quand l’ouverture et la vitesse ne suffisent pas à atteindre cette photo « parfaite », parfaitement exposée, l’ISO entre en jeu.
On parle de sensibilité ISO. Plus on augmente celle-ci, plus on laisse entrer de lumière. Attention cependant, il est bon de ne pas trop toucher à cette sensibilité. Si on la pousse trop loin, du « bruit » apparaît. Ce sont ces petits points par milliers qui viennent dénaturer ta photographie, lui enlever de la netteté et de la précision.

Dans la vie
J’aime cette image : la sensibilité apporte de la lumière dans nos vies. Notre rapport aux émotions, aux sentiments, à l’art et à la beauté est ce qui ouvre notre vie à la lumière. Une faible ouverture à la sensibilité rendra notre vie plus sombre, mais une trop grande ouverture à cette sensibilité peut nous abîmer. Les émotions nous submergent. C’est une question de dosage et d’équilibre. D’ailleurs, en parlant de ça…

 

   

 

Le cadrage et la composition

Maintenant que nous avons parlé des bases techniques, objectifs, focales, ouverture, vitesse et ISO. Passons au cadrage et à la composition qui sont personnels à chacun.

En photographie
Le cadrage permet de définir ce qui entre dans la photographie et ce qui reste hors cadre. Une fois ce cadre définit, on compose l’image. La composition est ce qui rend l’image harmonieuse. On crée l’harmonie, on dispose : tel sujet est mis en valeur et un autre est au second plan. Il n’est question que d’harmonie et d’équilibre. C’est un savant dosage, technique et intuitif à la fois.
Il y a des règles, en photographie, pour le cadrage et la composition. Notamment la règle des trois tiers (je le laisse chercher). Je te conseille de t’en inspirer mais de ne pas t’y restreindre afin de laisser s’exprimer ta créativité.

Dans la vie
Le beau conseil que nous donne la photographie, ici, c’est de cadrer sur ce qui nous plait et nous rend vraiment heureux, puis de composer en un dosage harmonieux de ce qui nous amène de la joie (les amis, la famille, l’art, la nourriture… A toi de voir) .Tout ce qui nous embête (tout ce qui nous pourrit la vie, pour être plus claire), on le laisse hors champ : le stress inutile, les prises de têtes, les schémas répétitifs. Il est question ici de faire de ta vie la plus belle et la plus harmonieuse des photographies !

 

   

 

Post-traitement

En photographie
Le post-traitement, c’est ce qu’on appelle plus communément la retouche. Certains se positionnent catégoriquement contre cette dernière : « c’est de la triche ! ». Comme dans la vie, chacun son avis.
Aujourd’hui, photographes – professionnels ou non – nous utilisons la retouche à grande échelle. On peut déjà l’observer avec les filtres instagram. On modifie le réel, on le rend plus beau, plus poétique ou rigolo. En retouchant, on améliore une photographie pour la rendre à notre goût, pour mettre quelque chose en valeur ou bien pour traduire encore plus notre sensibilité.

Dans la vie
Je vois la retouche comme le prisme déformant nos souvenirs. On les embelli ou on les dramatise. Comme la photographie est une capture de la réalité, nous allons en suite ajouter notre touche, changer les couleurs, améliorer certains détails. C’est pareil dans la vie : on romantise, on traduit un événement réel à travers notre point de vue et nos émotions. Rare sont les personnes si réalistes qu’elles arrivent à retransmettre un fait sans y ajouter leur jugement personnel, sans le déformer un peu. (Et personnellement, je préfère les photos un peu retouchées, plus colorées parfois, que les photos brutes et sans retouches. C’est mon côté romantique : j’aime rendre la vie plus belle qu’elle ne l’est réellement.)

Enfin, on peut deviner la personnalité d’un photographe et ses sujets de prédilection à travers ses photographies. Un amoureux de la nature aura tendance à photographier des paysages et un amoureux de la ville à préférer l’architecture. Je fais des généralités, mais tu vois l’idée. Ce serait marrant, alors, de jouer au “qui est-ce ?” avec ta galerie photo.
Moi par exemple, mes sujets préférés sont le portrait et les instants de vie. En effet, j’adore observer, la vie et les gens, les connaître, les découvrir, j’aime chercher le sens de la vie, la sublimer, la contempler.

 

Et toi alors, quel photographe et quel heureux es-tu ?
Laisse moi un petit commentaire !

 

Ce sera tout pour aujourd’hui ! J’espère que ce petit cours de photographie et de bonheur t’aura plu, qu’il t’aura fait rire et amené à te poser quelques questions sur la vie et ta vision du bonheur. Chacun a sa vision personnelle et aucune n’est LA bonne. L’essentiel est d’être juste avec soi-même, de ne pas l’imposer aux autres et de respecter la vision de chacun. Comme en photographie : chaque photographe a son style et son univers. Il n’y en a pas un meilleur, l’essentiel étant qu’il reste authentique à son créateur.

 

   

Comments

  • Daria
    29 juin 2020

    MagNifique aRticle! UNe grande aide pour savoir quel APPAREL photo choisir et BEAUCOUP des astuces pratiques a connaitre.toTallement d’accord au final la photographie montre l’univers du photogtaphe!

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